Une commune qui bénéficie depuis un quart de siècle de la délocalisation de l’habitat en dehors de Bruxelles et qui est
considérée par nombre d’expatriés anglo-saxons comme une «sub urb» de la capitale: voilà qui caractérise Waterloo.
L’essor de cette commune brabançonne est en effet à mettre en relation avec l’attrait qu’elle exerce auprès de la
clientèle des cadres étrangers. Une séduction renforcée par la présence sur son territoire d’écoles internationales.
En outre, pour les habitants francophones, Waterloo a l’avantage de se trouver en Région wallonne. A une époque où le
problème des «facilités linguistiques» refait surface au niveau politique, il s’agit d’une nuance qui se paie cash. Ainsi,
certains courtiers nous ont dit qu’un même bien se loue 115.000 F dans la commune flamande de
Rhode-Saint-Genèse et 150.000 F à Waterloo.
Pour toutes ces raisons, Waterloo est considérée comme la perle immobilière brabançonne.
A partir des années 70, les prix se sont fortement redressés, explique Luc Delens, administrateur délégué d’Immo
Boulanger.
Les embouteillages importants sur les voies
d’accès à Bruxelles et les nouvelles promotions résidentielles dans certaines communes avoisinantes (comme La
Hulpe) ne devraient pas peser sur ce climat favorable. La zone qui se trouve à proximité de Waterloo a beaucoup de
succès, de même que Waterloo.
Terrains fort chers...
Le problème, dans la région de Lasne-Waterloo, est le manque de biens de qualité à un prix correct, estime Ingrid
Rubin.
Un problème complexe. En effet, si des entrepreneurs vendent aujourd’hui des habitations au prix de 25.000 F/m2
(sans finition) — soit 5 millions de F pour une maison de 200 m2 —, il reste que le prix des terrains est élevé. «Le prix
d’une habitation dans cette partie du Brabant wallon atteint donc quoi qu’on fasse la dizaine de millions de F», note
Ingrid Rubin.
Alors que, dans les années 70, le mètres carrés de terrain avoisinait les 500-600 F, il atteint aujourd’hui dans certaines
parties huppées (la zone qui jouxte Rhode) plus de 5.000 F. Clos de Rambouillet, une parcelle de plus de 15,8 ares est
actuellement mise en vente à près de 5.200 F le m2. Dans la même zone, clos de Differdange, des parcelles de 13 à
21 ares sont proposées entre 3.000 et 4.600 F/m2.
... et rendements substantiels
Ces terrains sont acquis par des candidats propriétaires fortunés, mais aussi par des investisseurs.
C’est que, soutenue par la demande de la clientèle expatriée, la location haut de gamme procure encore des
rendements substantiels.
Prenons un exemple précis, explique Luc Delens. Un investisseur a acquis un terrain de 9,7 ares pour 4,67 millions. Il
y a construit en 1995 un maison de 6 chambres, 2 salles de bains, 2 salles de douches. L’ensemble, terrain plus
habitation, lui a coûté 22,183 millions de F. Il perçoit un loyer de 150.000 F par mois, soit 1,8 million de F par an. Ce qui
lui procure un rendement de 8,11% brut. Avec précompte, cela lui donne environ du 7% net.»
Cet exemple n’est pas isolé.
A Waterloo, ce type de vaste villa moderne et fonctionnelle, bien située, d’une vingtaine de millions, est souvent loué
entre 130 et 155.000 F.
Ces locations haut de gamme ne posent pas de problème, poursuit Luc Delens, mais à condition que la maison
obéisse à une série de critères qui séduisent les expatriés. Ainsi, l’existence d’une grande cuisine et d’une «family
room» à ses côtés est indispensable: cette disposition fait partie intégrante de la culture anglo-saxonne. De même, la
possibilité pour chaque chambre d’accéder à une salle d’eau particulière (salle de bains ou salle de douche) est un
«must».
L'Echo/L'Echonet - 28/11/1997 - P.H.Th
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