Son marché immobilier est un dès plus actifs du pays. La vente (et l'achat) se porte bien.
Le marché locatif, lui, n'a pas retrouvé le lustre qui le caractérisait encore au milieu des années nonante.
La situation est même telle que l'on est en droit de se demander s'il retrouvera jamais cette forme
qui avait porté les loyers mensuels à des chiffres jusque-là inégalés: 80, 90, voire 100 ou même 120.000 anciens francs belges par mois
pour les villas les mieux situées. Ajoutez-y l'indexation depuis une dizaine d'années: normalement, les tarifs devraient au moins se situer
aux alentours de 100.000 anciens francs belges, soit 2.500 suros par mois. Ce n'est pas le cas.
Chasse au gaspi
Que s'est-il passé? Trois phénomènes semblent avoir joué concomitamment: le creux conjoncturel,
le recentrage des entreprises sur leur "core business" et son corollaire la chasse au gaspi, les attentats du 11 septembre à New York
et le caractère de plus en plus aigu des problèmes de sécurité. S'il n'était pas rare, jusqu'il y a 5 ou 6 ans, que les entreprises étrangères
implantées dans notre pays prennent en Location une villa de haut de gamme pour leurs dirigeants en poste chez nous,
ce marché s'est raréfié.
D'abord à cause du creux conjoncturel, ensuite du fait que dans toutes les entreprises, sans exception,
le mot d'ordre est aujourd'hui la chasse au gaspi. De plus, si jusqu'il y a quelques années des familles entières se déplaçaient
au gré des nominations des cadres supérieurs, on voit se multiplier aujourd'hui les formes "légères" d'expatriation, monsieur tout seul,
monsieur et madame (quand il y en a une !), beaucoup plus rarement des enfants. Les périls liés aux déplacements internationaux et
l'éclatement - voulu ou non - de la famille traditionnelle vont de pair avec la recherche, de la part des intéressés, d'un mode de vie plus urbain.
Autrement dit, "les expatriés sont un peu moins famille et un peu moins villa, un peu plus sortie et un peu plus appartement
qu'il y a quelques années", dit Luc Delens (Immo Boulanger), un agent immobilier très actif sur Waterloo.
Ces expatriés-là optent de plus en plus pour Rhode, Uccle, voire même Ixelles, question de bénéficier des avantages de la ville.
En échange, la proximité des écoles et la perspective de devoir tondre le gazon le samedi les branchent beaucoup moins...
Le résultat est que "la location connaît un tassement considérable", dit Luc Delens.
Un double tassement, ce qui est fort gênant: non seulement les loyers sont en chute libre - la plupart des transactions
se font entre 1.000 et 2.000 suros par mois, quelques-unes à 2.250, mais pratiquement aucune au-delà -, mais la matière
se raréfie - les transactions sont de plus en plus rares, pour ne pas dire inexistantes sur certaines semaines ou certains mois.
"J'ai beau expliquer la situation aux propriétaires, ils ne veulent pas admettre qu'il n'y a pas d'amateurs, un point c'est tout",
ajoute Luc Delens, "même en descendant leur prix, ils ne trouveront pas. La demande est tombés à très peu de chose".
Bien entendu, l'offre du coup est abondante, ce qui met les quelques candidats à la location dans une position de force pour négocier.
En attendant la bourse
Sur le marché de la vente, la situation est tout à fait différente. La demande est élevée -
pas seulement à Waterloo d'ailleurs - grâce à la modestie des taux hypothécaires. Mais il faut se garder de rester superficiel:
"La demande est très soutenue pour les biens de moins de 400.000 euros", note Luc Delens, "ce qui crée une pression sur les prix
dans la tranche située entre 200.000 st 300.000 euros, c'est-à-dire les petites maisons, deux, trois et même parfois quatre façades".
Ce marché est littéralement pris d'assaut par la demande traditionnelle qui cherche un bien offrant ce que le Belge demande par-dessus
tout: un confort du type "surburb" (calme, verdure) et une proximité de services (écoles, commerces, cinémas, voies d'accès).
Au-delà de 400.000 euros, le marché de la vente présente un profil différent du fait que la demande y est partiellement différente.
Bien sûr, on trouve aussi à ce niveau de prix des familles qui cherchent une maison plus grande et qui disposent des moyens ad hoc,
mais "le marché des biens immobiliers de haut de gamme est lié à la Bourse". C'est d'ailleurs le succès de la Bourse qui a fait ce
marché et "aujourd'hui les gens concernés attendent que les cours remontent". Le phénomène est surtout sensible pour la tranche de
prix de 600.000 euros et plus. Waterloo est donc bel et bien déchirée entre deux tendances, mais une chose est sûre: malgré les
apparences, tout n'y est pas rose.
Echo Bourse - 19 Mars 2004 - Jean Blavier
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